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Antoine Lacroix

Antoine Lacroix

Blog de réflexions sur les problèmes de société


Encore une tuerie

Publié par Antoine Lacroix sur 12 Juin 2016, 14:53pm

Encore une tuerie annoncée aux Etats-Unis, pays familier de ce phénomène. On peut se souvenir de l'attentat à la bombe à Oklahoma-City le 19 avril 1995 et de toutes les autres tueries qui ont suivi. 

J'ai éteint l'autoradio et me suis rendu sourd et aveugle, refusant d'en entendre plus et de penser à ces morts anonymes. Les journalistes se sentent obligés de relayer ce genre d'information au nom du droit des auditeurs à être informés, captant une attention monnayable au passage.

Faire état d'un fait quel qu'il soit, est un acte de création. Yves Coppens est le père de Lucy, Adam et Eve mangent du fruit interdit, le fruit de la connaissance qui fait d'eux l'égal de Dieu, le créateur. Henri Poincaré est à même de comprendre et vulgariser les travaux d'Einstein. Les revues à comité de lecture font partie du processus de création scientifique. Au même titre, le journaliste est un amplificateur de phénomènes sociaux. En se focalisant sur nos dysfonctionnements collectifs, les médias remplissent l'espace public de nos déchets lesquels polluent notre esprit à leur tour dans une spirale négative.

Si les sociétés totalitaires étouffent la parole, interdisent les rassemblements, censurent les journaux, elles ne créent pas le silence. Au bout du compte la domination se complaît plus encore dans la déformation de l'expression, les manipulations, les leurres, les mensonges que dans le silence.

Se taire ou parler en démocratie, là n'est pas la question, souvent posée aux journalistes. La question est celle du temps de discernement, le temps de la réflexion, le temps du doute, de l'incertitude, du retrait, le temps de l'absence et du vide trop souvent ressentis négativement.

La pub SFR de ces derniers jours a son slogan, " Plus d'agilité, plus de mobilité, plus de liberté". La part sombre derrière ce slogan est celle de plus de travail pour des personnes en quête de reconnaissance professionnelle, vivant avec la hantise de ne pas atteindre des objectifs toujours plus ambitieux.

C'est ainsi que nos sociétés modernes hyperactives, assoiffées d'objectifs, de résultats quantifiables, de rentabilité et les sociétés totalitaires ennemies de la transparence se rejoignent quand elles proposent des fausses solutions dans la quête du bien commun. L'urgence est devenue une idéologie. 

J'éteins l'autoradio, je me rends sourd et aveugle, mais aussi indifférent à la souffrance d'autrui en réaction à ce trop plein de massacres. Mon empathie a ses limites. Je suis au courant de toute la misère du monde et en vient à regretter de ne pas habiter en zone blanche. 

 

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