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Antoine Lacroix

Antoine Lacroix

Blog de réflexions sur les problèmes de société


Stratégie pour perdre du poids naturellement

Publié par Antoine Lacroix sur 13 Septembre 2015, 10:30am

Catégories : #régime, #perte de poids, #balance, #stratégie

Il s'agit pour moi d'utiliser des outils efficaces, en privilégiant la logique par rapport à la volonté. Plus précisément, il s'agit d'identifier mes intentions dans une démarche de perte de poids de type constructiviste. Je vais tenter d'analyser mon comportement, de faire état de mes réflexions sur ma démarche de perte de poids pour arriver à formuler des concepts, me rapprocher de la théorie de l'apprentissage. Je fais la liste des outils utilisés ou utilisables.

Les outils vont  déplacer les éléments de récompense psychiques et corporels. Il est convenu que je ne m'occupe pas d'aliments, je mange ce que je veux et sans ressentir la faim hormis les premiers jours. Dans ces premiers trois jours, je vais agir sur les quantités ingérées et ensuite gérer cet effort initial en m'aidant d'outils.

L'outil : cela va être la balance, son emplacement. Je l'ai placée dans la salle de bain à côté de la douche. Je me pèse matin et soir, le matin à jeun, et après avoir gagné le maximum de poids en passant aux toilettes préalablement pour maximiser le plaisir dû à la baisse de poids. Entre le coucher et le lever, mon poids descend d'un kilo environ. Ma perte de poids n'est pas une dictature, mais un mouvement continu vers le bas parsemé de pics temporaires de regain de poids, de stagnations.

L'outil : c'est le plaisir, de voir cette balance à son goût, précise, valorisante. La balance doit être un bel objet, bien en vue, central et non pas caché derrière la porte, vieux, délabré, sale. La balance doit être nettoyable. Cela doit être un objet entretenu, aux piles en bon état si elle est électronique. La balance va être un médiateur entre vous et vous, entre votre envie de maigrir et votre envie de manger. Elle va vous aider à faire pencher la balance du bon côté.

L'outil : c'est mon estomac dont la taille est mon ennemi. Plus il est gros, plus il a besoin d'enfourner. 

L'outi : c'est le temps, il faut choisir sa période, profiter d'un évènement qui va me permettre d'embrayer dans le mouvement de perte de poids et supporter les premiers trois jours de réduction du bol alimentaire. Pour moi cela a été un aliment qui est mal passé et qui m'a indisposé.

Je suis sorti de table en ayant faim pendant trois jours, et j'ai tenu la journée. Après trois jours, l'estomac commence à rétrécir, la satiété arrive plus tôt, la perte de poids se fait d'une façon mécanique sans que la volonté de maigrir intervienne. La balance est l'instrument du renversement du plaisir qui ne devient plus immédiat mais différé  et qui engage l'esprit dans une anticipation des pratiques alimentaires de la journée. L'effort est psychiquement valorisé car le mieux-être obtenu renverse la sentation de plaisir. Le ventre est creusé au réveil mais les escaliers se montent plus facilement, on a le sentiment d'un mieux-être général. 

L'outil, ce sont des  chiffres, celui de la barrière haute dont le franchissement correspond à votre conception du dégoût de soi. Ma barrière était de 75 kilos. Je  mesure 1,70 m. Quand la petite intoxication est arrivée début juin, j'étais mûr pour la mise en route grâce à cette limite à ne pas dépasser. 

Et le chiffre de la barrière basse, l'objectif à atteindre, j'en suis à 70 kg, je veux perdre encore 5 kg ce qui est le chiffre donné par l'outil de calcul de l'IMC. 

IMC = 000 KG / 0,00²m

A 24 d'IMC, (75 kg)  je me sens en surpoids, mon objectif de poids de forme est de 65 kg soit 22 d'IMC. 

L'outil : c'est le miroir, le plaisir des yeux , le cran de ceinture gagné, les anciens pantalons devenus trop justes qui nous vont à nouveau. Pourquoi pas la photo ? Je n'ai pas testé.

Enfin l'outil c'est la méthode Coué qui nous fait nous persuader que perdre du poids est une chose facile accessible à tout le monde.

Approfondissons la question pour essayer de comprendre ce qui se joue dans la perte de poids au vu de ma seule expérience.

La balance, l'indice IMC etc...sont des éléments objectifs.

L'objet, d'une manière générale, par ses caractéristiques fait loi. Son usage permet la distanciation du sujet par rapport à lui-même. L'objet induit une observation, un calcul, une proximité avec le réel qui ont pour effet psychologique d'être moins  dans le ressenti. L'utilisation de la rationalité  permet un renforcement psychique auquel peut s'associer l'entourage. "Chérie vient voir la balance, j'ai encore perdu 1 kg !" Le contexte valide la matérialité. La matérialité de l'outil induit l'usage d'éléments rationnels, raisonnés, contribuant à adopter un comportement raisonnable.

Le but est aussi de maximiser les bénéfices en diminuant les coûts,  je n'utilise pas de produits commerciaux. Je prends ce que j'ai sous la main. Je maigris sans rien dépenser. Le bénéfice est d'ordre économique  Je combine plusieurs rationalités, celle du domaine de la santé, la rationalité économique.

Je pourrais forcer un peu et ne plus manger jusqu'à atteindre le poids désiré, cependant il y a un risque que je devienne irritable, que la fonction sociale du repas pris en commun n'existe plus, que je dise à tout le monde et à mon miroir : je peux le faire, je suis le meilleur. Je peux me vanter et  rouler les mécaniques.

La mise en place de la raison dans sa version technique fut le phénomène majeur du 19ème siécle, et les guerres mondiales,le phénomène majeur du 20e. La raison fut alors déraisonnable, poussée à l'extrême, valorisée en soi. La raison traça le chemin de la puissance et de la domination.

Alors, en, soi, le but n'est pas de maigrir mais d'être bien, de parvenir au mieux-être par le bien-être en faisant un usage optimisé des moyens que j'ai à ma disposition.

Les personnes qui regrossissent après un régime se disent qu'elles ont souffert pour maigrir, et qu'elles peuvent bien se relâcher un peu. Elles maigrissent pour se donner le droit de regrossir. Elle se font violence pour maigrir, elle se font souffrance pour grossir. Maigrir ou grossir participe de la même attitude psychique de mauvaise image de soi. L'usage de l'objet, neutre et objectif aide à s'oublier comme élément central d'un combat intérieur.

La balance doit être comprise comme un élément de progression psychologique. La psychologie parle d'objet médiateur, intermédiaire permettant d'obtenir un accord entre deux parties. 

Ma balance rend compte de mon poids et les chiffres annoncés témoignent des changements corporels. Les chiffres changent, j'analyse les changements par mes capacités de réflexion ce qui me procure des sentiments, satisfaction, déception. Je place mon corps sur la balance, elle me renvoie une image que je confronte à mes sensations, mes comportements alimentaires, au repas de la veille ou de la journée. De cette confrontation nait un accord, une cohérence, oui j'ai grossi parce que je me suis relâché hier. Ensuite je me projette pour demain.

La balance est en premier lieu un instrument de relation.

Elle rend compte d'un poids, résultat d'un phénomène physique de compression entre l'attraction  et le sol terrestres. Ce sol terrestre je le regarde, en me penchant vers les chiffres, en baissant les yeux dans une attitude d''humilité, d'acceptation. Elle me situe dans un milieu dont les lois universelles s'imposent à moi, et dont je suis issu. En me pesant je me retrouve dans mon identité physique en relation avec l'univers régit pas des règles.

Elle véhicule une information reçue et  interprétée. Je suis en interaction avec objet, cela va modifier mon comportement. Son usage répété, matin et soir, crée une habitude, une régularité, une situation en équilibre.  Elle a une valeur symbolique. Cet objet a des propriétés matérielles et une signification que je lui donne. La balance n'a d'intérêt qu'en fonction de la valeur symbolique que je lui donne. Si pour moi la sensation de faim est trop forte et que je n'arrive pas à résister au grignotage de manière récurrente, elle va être chargée affectivement de valeurs négatives et va se retrouver sous l'armoire. La balance est appréciée quand la décision de maigrir est forte, quand l'individu a la conviction que la perte de poids est possible, quand l'interaction  entre elle et moi est positive. Si elle ne me restitue que mes échecs, ma relation avec elle s'arrêtera. Ce n'est pas le moteur essentiel de la perte de poids mais elle renforce le mouvement, elle le stimule. Par contre c'est un élément essentiel de la stratégie d'amaigrissement car elle est le support de la dimension psychologique des progrès.

Elle crée du suspens, elle me fait attendre avant de se stabiliser, elle crée de l'impatience et de l'excitation puis elle livre son verdict.

Elle constate un état, et crée une projection dans le futur, une dynamique. Elle est source d'information et de créativité. Grâce à elle, il me vient l'idée de placer une feuille de papier sur un des murs de la salle de bain pour suivre ma progression dans le temps afin d'avoir conscience du chemin qu'il me reste à accomplir. Elle est le support d'un autre outil, le document, la courbe mettant en rapport les fluctuations de poids et le temps. Elle permet de donner du sens à la démarche dont on sait qu'elle aura une fin. La courbe donne des perspectives.

La balance crée des bornes rapprochées qui me paraissent toujours atteignables. Elle m'influence dans la perception de l'effort à fournir qui me parait  moins couteux. Elle éloigne l'idée de la pénibilité de l'objectif final. Elle réduit l'ambition à la dimension de la routine en dédramatisant la démarche.

Si la balance est un outil à usage individuel, elle est souvent utilisée  dans un environnement collectif. Les membres de la famille peuvent jeter le discrédit sur la balance en disant qu'elle n'est pas juste. Ils peuvent venir perturber ce rapport de confiance entre l'objet et l'individu, la démarche de perte de poids ayant une incidence sur le reste de la famille. La perte de poids d'un membre peut toucher des personnes en surpoids  qui ne sont pas prêtes à suivre la même démarche. La balance peut être critiquée, sabotée, changée de place car elle représente la discorde au sein de la famille.

Quand on mange trop on devient gros. Les individus obèses mangent beaucoup trop souvent par besoin de compensation. Maigrir brutalement peut créer une décompensation plus problématique que le surpoids, comme l'arrêt de l'héroïne peut amener à la pathologie mentale sévère. En conséquence la perte de poids serait un symptôme d'un mieux-être et non la cause directe du mieux-être. La perte de poids est enclenchée naturellement quand le niveau de développement  psychique est déjà satisfaisant, quand l'envie est forte et le poids de forme  atteignable. En moyenne, les personnes qui font un régime, qui maigrissent avec l'aide d'un nutritioniste ou un médecin regrossissent et récupèrent 71 % des kilos perdus dans les mois qui suivent le régime. A 75 kg pour 1,70 m, je n'ai qu'à perdre 13, 33 % de mon poids pour atteindre 65 kg. Ces 13,33 % me semblaient être la limite à ne pas dépasser, pour moi. Que dire des personnes qui sont à 48 d'IMC ? Ca fait combien de kg pour 1,70m, voyons voir...

Sources : association.cor.free.f

                revue de psychothérapie

Commenter cet article

sandie 18/09/2015 19:11

Je regarde d'une autre façon mon pèse personne après la lecture de cette article. Il semble presque vivant. Merci à M.ROBERVAL et à M.LAVOISIER

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