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Antoine Lacroix

Antoine Lacroix

Blog de réflexions sur les problèmes de société


Soeur Cristina, pop star et religieuse

Publié par Antoine Lacroix sur 5 Septembre 2015, 08:08am

Catégories : #Développement personnel

Soeur Cristina

Soeur Cristina

En novembre 2014, Elise Lucet dans son 13 heures recevait Soeur Cristina, la religieuse gagnante du télé crochet "the voice in Italy". Elle lui demandait en substance si son activité de chant et son engagement religieux étaient compatibles, Soeur Cristina explique que le chant peut enrichir la foi. Elle parle de son expérience au Brésil où "la musique est partout pendant les messes, ils ont le culte de la musique". Elise Lucet lui demande si elle n'a pas peur d'être détournée de Dieu en entrant dans le système. Elle n'a pas peur de cela car "ceux qui suivent Dieu ne craignent rien".

La question que pose Elise Lucet est celle du rapport de l'humain et de son milieu de vie. Qui influence qui ? Est-ce l'homme qui crée le système, ou est-ce le système qui crée l'homme ?

A l'intérieur de cette question, deux modèles d'explication du choix vocationnel s'opposent :

- celui qui dit que la personne choisit sa voie grâce à une réflexion rationnelle sur ses gouts et sur les  possibilités offertes par  son lieu de vie, 

- celui qui énonce que la personne justifie  a-postériori sa décision comme le produit d'un choix autonome alors que sa décision lui est dictée par son milieu de vie.

A mon sens l'opposition des deux modèles ne se justifie pas selon l'épistémologie moderne, le moteur de l'action est la satisfaction des envies que l'individu réévalue périodiquement en fonction de la conscience de ses capacités à maitriser son environnement. Le tort de ces modèles est de nous amener à envisager les phénomènes sous un état statique et non dynamique, l'action serait figée à un moment donné et non entendue comme un processus.

Cependant ces modèles ont le mérite d'exister. Il semblerait que le second modèle soit plus représentatif de la réalité que le premier, c'est à dire que l'individu dans les sociétés modernes intégrées justifie ses actions comme le résultat d'un choix autonome alors qu'elles ne sont autonomes que dans les limites d'un cadre prédéterminé et restrictif formaté par ses actions antérieures et par celles de ses prédécesseurs.

Ainsi, Cristina, agit, chante, dans un milieu déterminé, sur des plateaux de télé, devant un public. Sur la base de cette action, à ces endroits et pas dans d'autres, elle va produire une réflexion particulière qui va guider son action future, la faire réfléchir à nouveau et ainsi de suite. Elle fait allusion a son passé dans l'interview, à son expérience brésilienne, à sa vocation tardive, à son gout pour le chant développé dans la chorale paroissiale. Elle interprète  son passé, elle le rationalise pour expliquer sa situation présente. Son présent va devenir passé, elle va vivre d'autres situations dont elle aura plus ou moins la maitrise, et elle rationnalisera à nouveau, elle essaiera de trouver du sens à son passé, pour aller dans une direction nouvelle et ainsi de suite.

Donc globalement le système s'impose à nous. Comme il est difficile d'en sortir nous gardons l'illusion d'une autonomie que nous défendons grâce à un processus psychique et intellectuel de rationnalisation.

Références : travaux de Kiesler (1974) prolongés par ceux de Joule et Beauvois (1998)

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