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Antoine Lacroix

Antoine Lacroix

Blog de réflexions sur les problèmes de société


Béziers : Bob Ménard le tonton flingueur des idées reçues

Publié par Antoine Lacroix sur 5 Mai 2015, 16:32pm

Catégories : #Robert Ménard, #Fichier, #ethnique

Robert MénardfIl est culotté le Bob ! Collecter des informations sur les gamins issus de l'immigration accueillis dans ses écoles primaires, fallait oser. C'est dangereux si la méthode est mal utilisée mais sur le fond, l'idée a du bon.

Les intervenants en soutien scolaire à domicile  se posent parfois la question de savoir si l'école est au courant de ce qui se passe dans les familles. Les principaux de collège sont assez démunis pour compenser les difficultés provenant des différences culturelles entre l'école et le foyer familial parce que l'éducation nationale n'a pas vocation à savoir ce qui se passe au sein des familles. On dit parfois que l'école est un sanctuaire c'est à dire qu'on y rentre pas comme dans un moulin mais la contrepartie est son décalage par rapport à l'extérieur. On critique souvent les profs non sans raison pour leur mentalité particulière déconnectée du monde réel, du monde de l'entreprise. L'école en se rapprochant du milieu familial comprendra mieux les élèves. Les enfants à problème sont ceux qui ne parlent pas la même langue selon qu'ils sont chez eux où à l'école. Ils aiment la langue de ceux qu'ils aiment, ils parlent la langue de leurs parents. Etre français c'est ne plus parler la langue de ceux qu'ils aiment. Les mots doux, les mots tendres entre parents et enfants se diront en créole, en wolof, en arabe, les paroles d'énervement se diront en français. La langue maternelle est la langue de l'amour, de l'oralité et du plaisir, la langue de l'école est la langue de l'insulte, de l'écrit, de la contrainte et du déplaisir.

Parfois être français, c'est être un mécréant qui ne va plus parler l'arabe la langue du Coran. Certains sites des écoles coraniques égyptiennes proposent d'apprendre l'arabe. L'enseignement ne s'y fait qu'en arabe. Ce n'est pas seulement par souci d'efficacité pédagogique par l'immersion. Parler une autre langue que l'arabe est pour certains esprits un comportement impie.

La langue est un lieu culturel et psychique gorgé d'affect. Etre bilingue peut créer un désordre identitaire, psychique. L'immigration ne pose pas que des problèmes sociaux chez les individus mais aussi des désorganisations cérébrales, des discognitions, de l'autisme. Accueillir l'immigré c'est l'accueillir avec ses problèmes, ses spécificités, cela nécessite bien de se départir de ses apriori idéologiques.

Depuis la collaboration vichyste, l'état français et l'éducation nationale en particulier sont fachés avec les statistiques ethniques mais Bob le dynamiteur a le mérite de faire bouger les lignes idéologiques. On a besoin de savoir qui peut être dans la mouise pour prévoir les budgets en conséquence. Il y a un rapport direct entre les 240 000 élèves qui sortent chaque année de l'éducation nationale sans diplome et la pauvreté statistique sur ces élèves. L'échec est le fruit du refus de savoir. 

Plus encore, le désintérêt statistique est la manifestation du désintérêt pour la culture des immigrés. Nous considérons qu'ils n'ont rien de valable à nous apporter. Aucun progrès, aucune innovation, aucune croissance. A contrario, il est fort probable que les statistiques sur les investissements chinois en France sont scrutés à la loupe par l'administration française. Il existe des bonnes et des mauvaises statistiques, celles que l'on met en avant et celles que l'on cache parce qu'on a trop peur d'en connaitre les causes et de devoir lâcher la corde qui nous maintient au rocher. Ainsi la France a créé son école dans un but de renforcement de la Nation. Il s'agissait d'avoir une seule langue pour avoir un seul territoire. L'école de Jules Ferry a permis Verdun, a été conçue pour Verdun. Elle en est restée crispée face à l'étranger, face à tout ce qui n'est pas elle. 

En matière d'échec scolaire, des solutions existent et sont réputées meilleures que d'autres.

L'enseignant réussit mieux s'il devient non pas un spécialiste de la matière qu'il enseigne mais un spécialiste des méthodes d'apprentissage. Il "commence par passer en revue les prérequis, met en relation la matière du jour avec les apprentissages antérieurs et aborde ensuite, par petites étapes, la nouvelle matière. Il alterne courtes présentations et questions. Après la présentation, le maître organise des exercices dirigés, jusqu’à ce que tous les élèves aient été contrôlés et aient reçu un feed-back. Viennent ensuite les exercices individuels que l’on poursuit jusqu’à la maîtrise autonome du nouvel apprentissage par l’élève » (Rosenshine, 1986a ; 96)

Méfiance cependant car lorsqu'on regarde de près ces acteurs politiques de l'extrème, leur manière de piéger leur interlocuteur dans des débats polémiques, lorsqu'on lit les messages postés sur les  forums proches des extrêmes, on s'aperçoit de droite et de gauche que certains caractères se complaisent dans la radicalité des idées. Toutes ces personnes se shootent à l'injustice. L'engagement au profit de l'autre est pour eux un prétexte au libre déversement de leur colère, de leurs ressentiments.  Il s'agit pour eux de faire vite et bien sans se soucier de savoir si le remède n'est pas pire que la maladie. Ils oublient que la finalité politique n'est pas d'être cohérent mais de tenir une logique acceptable pour ceux auxquels  elle est destinée. Les pourfendeurs indécrottables des injustices  ont le tort de nous faire croire que la polémique a la même valeur morale que l'argumentation. Et pourtant ils ont du succès parce que la République est longue à se réformer et les mal lotis s'impatientent.

 

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