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Antoine Lacroix

Antoine Lacroix

Blog de réflexions sur les problèmes de société


Le dessin de Picasso

Publié par Antoine Lacroix sur 15 Juillet 2014, 11:40am

J'étais dans le garage de ma tante Germaine, en train de chercher une pompe pour gonfler la roue du vélo de mon fils et puis au milieu des feuilles mortes et autres saletés, je vois un carton à dessin. Curieux comme d'habitude, je l'ouvre. Je feuillette. Je vois de belles copies d'images de carrosses royaux, bien conservées mais sans grand intérêt, puis je vois un original d'un caricaturiste que je suppose connu démontrant un savoir-faire, un apprentissage, une maîtrise du trait, dessinés à l'encre de chine, j'en compte une petite dizaine comme ça, plus ou moins intéressants et bien dessinés, des esquisses, des essais. Je continue, le carton contient une trentaine de documents, et là, merveille ! Je regarde bien, je n'en crois pas mes yeux, mais oui c'est bien signé. Picasso 28/11/1961 un oiseau dessiné là, maladroitement il faut bien dire, à la va-vite, sur un bout de papier comme en avait l'habitude ce vieil escroc. C'est dessiné au feutre noir, je vois des ratures, quelques traces de crayon de bois. Je devine un feutre effiloché, un peu barbare et rebelle qui place ses imperfections au hasard. Peut-être rembourse t-il les mauvais coups subis par quelques bouses graphiques ? Les bords du carton sont déchirés, cornés.

Je doute que ce soit un original mais je n'ose pas y toucher. Quel est le procédé qui permet une copie aussi fine ? Ces traces de mine graphite gommées sur le brin d'herbe tenu dans le bec, non elles sont authentiques, j'en suis sûr. Je monte chercher mon oeilleton à l'étage. Mon fils m'accroche

-Papa ! T'as gonflé mon vélo ?

-Oui, oui, je reviens. 

-Tu veux la faire la promenade ?

-Mais oui bien sûr ! 

Je suis déjà parti, sans scrupule. Ma voix se perd dans l'escalier en bois que je descends en courant. 

Je pose mon oeilleton, je regarde encore, décidemment c'est pas de l'encre, le trait est en surface, superposé au papier. Je regarde les marques du feutre, là je vois de l'encre imprégnée dans la fibre. Aucun procédé industriel ne parvient à copier de telles différences.

 Que fait donc ce dessin dans cet endroit, surtout qu'il n'est pas tout seul à moisir dans ce carton. Il vaut un petit paquet de billets, 10 000 euros peut-être. Des dessins, Picasso, il en a fait à la tonne. Bon on va dire 5000. Qui a bien pu le déposer ici au milieu des pots et des bidons d'huile vides ? C'est vrai que ma tante a hérité de l'oncle Jean, mort sans descendance, mais il était juriste à Bayonne et il n'a pas vécu à Paris. Comment aurait-il pu récupérer ces dessins ?

Je refais l'histoire de la famille. La tante Aimée a eu douze frères et sœurs. L'ainé était architecte, il est mort en 1976. Il a une fille qui habite Vincennes. Je prends mon téléphone.

Allo Maman ? Elle est toujours vivante la cousine de Vincennes ?

Le dessin de Picasso
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