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Antoine Lacroix

Antoine Lacroix

Blog de réflexions sur les problèmes de société


Inertie politique, cancer et autres considérations

Publié par Antoine Lacroix sur 29 Janvier 2014, 09:28am

Catégories : #politique, #santé

Laurent Schwartz est cancérologue. Il nous dit que malgré les milliards investis, la lutte contre le cancer n'a pas donné les résultats comparables à ceux de la lutte contre la tuberculose ou les maladies infectieuses grâce aux antibiotiques.

Je m'interroge sur les causes de cette impasse.

Notre médecine est scientifique, pour être médecin il faut être bon partout mais surtout bon en maths. La médecine a besoin de la chimie, de la physique, de la biologie et de plus en plus de la technique : les chirurgiens opèrent grâce à des robots, un cœur artificiel fonctionne depuis quelques temps dans un thorax humain.

La recherche de vérité remet en cause des situations établies

La médecine fançaise est  globalement performante, elle ne manque pas de moyens et pourtant elle échoue contre le cancer.  Pour vaincre cette maladie, Laurent Schwartz nous dit que l'on a besoin de repenser complètement notre manière de l'aborder. La tendance actuelle veut que cette malade soit d'origine génétique. Laurent Schwartz réfute cette thèse. et pense que la maladie est d'origine métabolique. Il est à contre courant et en subit les conséquences en terme de carrière. Donc la remise en cause est nécessaire à une démarche de  recherche d'une vérité ajustée. Cette remise en cause porte sur les connaissances grâce auxquelles s'établissent des pouvoirs. Changer d'idée c'est être hasbeen et c'est perdre son pouvoir, son train de vie. Les hommes de pouvoir qu'ils soient politiques ou scientifiques se tiennent la main, marchent ensemble. Ils sont solidaires.

La connaissance est chargée d'affect

Nous savons aussi que des prix Nobel sont attribués à des personnes qui vont affirmer à quelques années d'écart des théories contraires les unes aux autres.  La vérité scientifique s'étiole et meurt avec le temps. Changer de manière de réfléchir prend du temps Les théories scientifiques sont enseignées par des maitres à des élèves que ces derniers vont admirer, apprécier, aimer, soutenir dans leurs approches scientifiques. Ils y ont intérêt sinon ils n'ont pas leur diplôme ou sont moins bien classés. Les connaissances qu'ils ont acquises sont porteuses d'un affect ; en changer fait souffrir.

Les recherches de nouveaux médicaments doivent se rembourser

Les dispositifs de soins ont nécessité des recherches, et un besoin de financement et d'amortissement. Le produit qu'il soit très bon ou tout juste acceptable doit être amorti parce qu'il a couté. Le laboratoire est une entreprise et doit faire du profit pour exister. L'efficacité du médicament n'est donc pas le seul critère à prendre en compte dans un système de soin d'un pays basé sur le profit capitaliste seul système qui a durablement fait ses preuves par ailleurs malgré les crises. Le système de santé est donc lent à changer d'idée, à se réformer, à amortir ses couts parce que les investissements dans la lutte contre le cancer sont gigantesques, à la mesure de la difficulté de la tâche.

L'individu montre la voie

L'approche actuelle de lutte contre le cancer est fondée sur la chirurgie, les rayons et les chimios. Les rayons sont utilisés depuis un siècle, la chimio depuis les années 40. Les méthodes n'ont donc pas beaucoup évolué fondamentalement pendant toutes ces années. On ne soigne pas. On pallie.

Les inerties sont nombreuses et entretenues parce que  la maladie et le système mis en place pour la combattre sont lourds et compliqués.

Dans cette inefficacité généralisée, l'individu tente de sauver sa peau parce que c'est bien lui qui meurt. Alors il se déplace, bouge, tente et essaie, se fait parfois avoir par des personnes mal intentionnées. L'individu est mobile, libre, autonome et se dirige vers ce qui lui semble le mieux pour lui. Il se réapproprie sa maladie.  Il accepte la chimio mais de plus en plus il fait appel à des produits et à des intervenants que la médecine officielle considérait naguère comme indésirables. Toutefois un danger le guette :la tentation du secret. Prendre des produits dont les effets seraient contraires à la chimio alors que les deux systèmes doivent cohabiter, n'est pas une bonne solution. Un maitre d'oeuvre doit coordonner les efforts.

L'Etat ne suit pas

En médecine naturelle, la recherche est insignifiante parce que les produits ne rapportent pas assez. Le financement se fait non pas par la collectivité publique mais par les mutuelles, les organismes privés, le profit finalement qui se déplace en même temps que la demande des individus.  Ceux qui peuvent payer se font mieux soigner ce qui est logique mais doit être corrigé par l'action de l'Etat. Les réticences de l'Etat à accepter d'interroger les résultats des chercheurs en matière de lutte contre le cancer entrainent une injustice. L'Etat doit  financer des voies de  recherches délaissées par le privé , évaluer les produits naturels, soutenir des chercheurs atypiques et arrêter d'être suiviste. Prenons l'exemple de Luc Montagnier qui le Nobel en poche, se rapproche des recherches de Jacques Benvéniste. Il ne risque plus rien, sa carrière est derrière lui.

La connaissance n'est pas lisible

Mais l'Etat c'est qui ? Ce sont des hommes, réticents à changer, on l'a vu, tant que le chemin n'est pas bétonné.

L'affaire du médiator a fait exploser les structures obsolètes. Catalyseur efficace. Plus d'incertitude dans les esprits. Seulement des personnes sont mortes et il a fallu qu'un médecin, la pneumologue Irène Frachon mette en danger sa réputation pour que l'affaire sorte. Les comportements individuels pris dans des cadres trop lourds cassent les jeunes pousses à la racine. On constate une espèce de pesticide organisationnel du savoir.

Le pantouflage politique crée une aversion au risque.

C'est à l'Etat de faire ce genre de boulot, de prévenir des dérives. Or il ne l'a pas fait donc l'Etat fonctionne mal. De quels relais le citoyen dispose-t-il dans l'appareil politique ? Qui va se mouiller pour un citoyen en lutte contre le système ? Irène Frachon n'est pas allée voir son député mais a écrit un livre. Laurent Schwartz écrit aussi un livre pour faire connaitre ses difficultés. Tout cela est repris par la presse. Notre archaïsme politique en France est une des causes de l'inertie de notre système de santé. Limitons les mandats des responsables politiques. Le pantouflage politique est un archaïsme.

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