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Antoine Lacroix

Antoine Lacroix

Blog de réflexions sur les problèmes de société


La règle détournée au profit d'un seul

Publié par Antoine Lacroix sur 23 Décembre 2013, 12:57pm

Catégories : #Jean Foucart, #Ferenczi

La règle, la loi est nécessaire pour fixer un cadre d'action mais certaines personnes s'en emparent pour resteindre la liberté de leurs congénères. Elle est détournée à des fins personnelles. Le surinvestissement de la règle peut être le résultat d'un dérèglement des humeurs chez l'individu. 

Une vie sociale problématique

Ca leur fait un bon prétexte. Si par malheur le pouvoir leur est donné alors ils lancent les chevaux sans retenue. De la règle qui est bonne en soi, ils vont en faire un instrument de captation du pouvoir. Avec eux la procédure, la règle deviennent intouchables. Elles ne doivent pas être discutées et l'engagement doit être total. Ce sont des chefs tatillons, sur le dos des autres. Ce sont des collègues choqués par le manque d'engagement ou de l'irrespect des valeurs au travail. Ils rappellent à leurs devoirs, les négligents. Avec eux vous n'avez pas le droit à l'erreur, pas de seconde chance. Vous devez être parfaits. 

Ce sont aussi des défenseurs de l'autre sous prétexte que la bonne conformation aux valeurs morales est une règle de conduite s'imposant à tous et parfois sous peine de mourir. Tu as fauté alors ta vie m'appartient comme le dit Bob Macy dans le documentaire de David André, "une peine infinie". Au non de dieu, je te condamne à mort, mais lorsqu'on lui demande, lui à ce grand croyant vieux et proche de la mort , si Dieu est pour la peine de mort; il est incapable de répondre parce qu'il n'a pas réfléchi à la question. "In god we trust"  est la devise officielle des américains depuis 1956. La démocratie atteint là ses limites puisque les procureurs sont élus aux Etats-Unis. Le droit de voter devient un droit de tuer.

Ils rendent service mais par eux l'aide se transforme en emprise. Je ne veux que ton bien ! peuvent-ils parfois dire. Ah oui et de quel droit ? Quand on discute avec ces personnes, on a beau n'être que deux physiquement, on va être trois dans la discussion. Quelqu'un d'autre intervient, un autre qui a tout fait pour rentrer et ne pas se faire oublier. Un autre impalpable, diffus, fantomatique, un autre qui vous parle à l'oreille, un autre que l'on chasse par la porte et qui revient sans cesse par la fenêtre. Un autre qui joue en sourdine et qui s'impose lorsque on n'a plus la force de le chasser. Cet autre, l'inconscient de Freud, le directeur de conscience du croyant, tous ceux qui pensent à notre place, la télé, le journaliste ; notre paresse, notre faiblesse et notre manque de courage en définitive.

Les personnes dans leur action ont besoin d'un peu de liberté, ils auront la règle, la connaitront et en feront leur miel. L'intelligence dans l'action doit pouvoir prendre ses aises mais pas la servitude.

L'inconcient au sein du collectif

Sandor Ferenczi, un disciple de Freud, est un des premiers à rapprocher la psychanalyse avec les sciences humaines. Pour lui certains secteurs d'activité professionnelles ou bénévoles sont des lieux ou les névrosés s'épanouissent plus particulièrement. Dès 1919, il appelle à rapprocher la psychologie de la sociologie. 

Une partie des études sur la souffrance au travail suit la voie tracée par Ferenzci comme la psychodynamique du travail élaborée par Christophe Dejours qui utilise le concept psychanatytique de défense afin de préserver la santé mentale. Des stratégies de défense sont mises en place par les salariés des entreprises soumis à des contraintes comme la virilisation des comportements, l'inapplication des règles de sécurité.

Le sociologue Jean Foucart utilise le concept de  rupture transactionnelle dans les relations avec les autres, concept qui illustre une détérioration des conditions d'une relation interpersonnelle basée sur la confiance. Le milieu professionnel devient  un frein à la dynamique grâce à laquelle en temps normal  dans une démarche éthique la personne se prend en responsabilité vis à vis d'elle même. L'individu devient frileux dans ses relations et les capacités d'autoadaptation de l'organisation s'en trouvent altérées.

Ce faisant d'un point de vue épistémologique, les disciplines sont associées, combinées et s'en trouvent enrichies.

Rajout du 14 aout 2014

Je reviens sur un livre de Christophe Dejours , Travail, usure mentale.

Page 218 de l'édition de 2008 l'auteur explique qu'il abandonne la pathologie pour étudier comment la normalité se maintient chez les travailleurs. La psychopathologie du travail devient la psychodynamique du travail. 

 

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